Le père Joseph François Joseph Le Clerc du Tremblay (Paris 1577 - Rueil 1638). À l'origine de l'expression éminence grise, ce capucin fonda les Filles du Calvaire et avant tout conseilla le cardinal Richelieu de 1630 à 1635. Son influence occulte sur la politique de la France fut considérable. François Joseph Le Clerc du Tremblay était le fils aîné de Jean Leclerc chancelier du duc d'Alençon et premier président des requêtes du Palais puis ambassadeur à Venise et de Marie de La Fayette, son épouse. Claude de La Fayette, son grand-père maternel détenait quatre baronnies dont l'une fut léguée à son petit-fils François, lequel fut connu, lors de son bref séjour à la Cour, sous le nom de baron de Maffliers. Le père Joseph, enfant fut d'une précocité intellectuelle surprenante maîtrisant le grec et le latin dès l'âge de dix ans et faisant preuve d'une grande prédisposition pour les questions spirituelles. À l'âge de huit ans, il fut placé dans un pensionnat à Paris. Élève au collège de Boncourt, il a côtoyé Pierre de Bérulle, futur cardinal, fondateur de l'Oratoire et le membre le plus influent de l'école de mysticisme qui a prospéré pendant la première moitié du XVIIe siècle. En 1587, survient le décès de Jean Leclerc du Tremblay, père de François Joseph. Le jeune homme servit quelque temps à l'armée, vécut à la Cour puis a brusquement quitté la vie mondaine. En 1599, le 2 février, François Joseph devient novice ches les Franciscains à Orléans. François Joseph prononce ses vux à Paris en 1600. Il fréquente alors le séminaire des Capucins de Rouen. Le père Ange de Joyeuse déclare, en 1601 que François est «le parfait capucin et le religieux le plus accompli de sa province, voire de tout l'ordre». En 1603, François Joseph du Tremblay est nommé maître de philosophie au couvent parisien des Capucins, rue Saint-Honoré. Il sera ordonné en 1604 et chargé des novices de la maison des Capucins de Meudon. 1605 le voit devenir supérieur de la maison des Capucins à Bourges. On le mande, en 1606, pour prêcher le sermon du carême à la cathédrale du Mans. Le père Joseph prêchera ensuite à Angers puis à Saumur où il fondera la maison locale des Capucins. La supérieure de l'abbaye de Fontrevault, Éléonore de Bournon, tante âgée d'Henri IV remarque alors son zèle et ses qualités et l'emploie à réformer les dames de cette institution. Le résultat sera la création plus tard en 1617 de la Congrégation Notre-Dame du Calcaire (Filles du Calvaire). Devant cette tâche ardue, le père Joseph demande conseil à l'évêque du diocèse voisin, Armand Jean du Plessis de Richelieu. Les deux hommes deviennent amis et collaborateurs, union pleine de fécondité pour l'histoire de France. En 1610, François Joseph du Tremblay est transféré de la province ecclésiastique de Paris à celle de Tours. Le voilà devenu coadjuteur du Provincial de Touraine. 1611 le voit séjourner en Italie où il a prêché la croisade contre les Turcs. Il fut ensuite nommé préfet de missions. La révolte des princes de sang contre la reine Marie de Médicis gronde en 1615. Les Capucins ont vocation de conciliateurs. Le père Joseph s'offre d'emblée à Condé comme pacificateur. Sa virtuosité est tout de suite manifeste. Impressionnée Marie de Médicis le désigne pour l'arrangement final du différend. Il encourage la reine à utiliser Richelieu. Le traité de Loudun marquera le départ de la carrière diplomatique du père Joseph. Le père Joseph sauve en 1920 la ville d'Angers du pillage de soldats de Marie de Médicis grâce à son doigté. Le mois d'avril 1624 le verra devenir le ministre officieux des Affaires étrangères de France rôle qu'il jouera jusqu'à sa mort en 1638. Son décès survit au moment où il allait être nommé cardinal. François Joseph du Tremblay est devenu un personnage historique fort controversé et sa présence aux côtés du cardinal a semblé paradoxale à plusieurs. Aldous Huxley, l'un de ses biographes (Grey Eminence, traduction française, la Table Ronde 1977), raconte qu'un inconnu a inscrit ce graffiti sur la pierre tombale du père Joseph : Passant, n'est-ce pas chose étrangeQu'un démon soit auprès d'un ange ? Un autre de ses biographes (L'Éminence Grise Paris Gallimard 1941), Mgr Georges Grente, de l'Académie française, voit dans le père Joseph un polémiste mordant et lun des premiers journalistes français. Plus récente mise à jour de ce document :
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