
«À la tête de notre parti, écrit le sénateur T.-D. Bouchard, il y avait un avocat typique du nom de Jean-Baptiste Blanchet. Il était à l'époque, l'une des plus belles et des plus intéressantes figures de la ville de Saint-Hyacinthe, tant au physique qu'au moral. C'était un colosse de plus de six pieds, fort soigneux de sa personne et toujours vêtu avec recherche. Il jouissait d'une petite fortune, vivait convenablement quoique sur un pied relativement modeste. À Saint-Hyacinthe, il passait pour avoir les idées les plus avancées et il était considéré comme l'un des chefs de la pléiade des grands libéraux de notre province.» Jean-Baptiste Blanchet, fils d'Alexis Blanchet et d'Angèle Sené est né en 1842 à Saint-Damase, à quelques kilomètres de Saint-Hyacinthe (Québec, Canada). Il avait une soeur, Marie-Odile. L'Almanach du Peuple de 1904 le décrit comme un self made man. Au début, travailleur manuel, il avait réussi à se hisser à la profession d'avocat par son travail et sa persévérance. Ce jeune homme de loi fut admis en 1883 au Barreau de Saint-Hyacinthe, où, toujours selon l'almanach, il occupait une position enviée. Jean-Baptiste Blanchet a épousé Agnès Logan, à Saint-Hyacinthe, le 22 novembre 1887. À son étude, il employait un jeune avocat, son neveu, Me Achille Delage, futur protonotaire du district local. Il a posé, en 1897, sa candidature aux élection provinciales, comme candidat libéral contre Milton McDonald et connu la défaite. Mais, le 17 février 1904, il a accédé au Parlement fédéral en défaisant M. de la Broquerie Taché, dans sa circonscription locale.
Le début de cette carrière prometteuse comme député de la circonscription de Saint-Hyacinthe en plein mandat canadien du Parti Libéral, allait être tragiquement gâché quelques mois plus tard, soit le 31 août 1904 alors que le nouvel élu se trouvait à bord d'un train à un mille de Richmond sur la ligne tributaire des Chemins de Fer Nationaux (CN), soit le Grand Trunk Railway. Les locomotives de deux convois l'un d'excursion à 2 wagons et l'autre beaucoup plus long et provenant d'Island Pond se sont alors tamponnées avec une violence inouïe. Conséquence, la mort de Me Jean-Baptiste Blanchet parmi les neuf tués et 30 blessés de cette catastrophe ferroviaire. Il fut remplacé comme député dès la même année par Aimé-Majorique Beauparlant, un autre libéral. D'autre part, le colonel Denis, propriétaire du journal La Tribune, hebdomadaire de Saint-Hyacinthe à cette époque a été grièvement blessé dans cette catastrophe. Télesphore-Damien Bouchard, alors conseiller municipal, futur maire de Saint-Hyacinthe, ministre des cabinets Taschereau et Godbout puis sénateur devait accompagner le député Blanchet. Son épouse, Corona l'a finalement persuadé de rester à domicile en signalant le surmenage de son époux. Une fois de plus T.-D. l'a échappé belle. |
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